Tortues marines - Eco-volontariat - Mayotte
Etude d’habitats de tortues marines en vue de leur conservation
Cadre scientifique :
Mission proposée par KELONIA, l’observatoire des tortues marines de La Réunion, dans le cadre des programmes d’études de suivis des tortues marines et de leurs habitats dans le sud-ouest de l’Océan Indien
Site d’étude :
Lagon et plage de N’gouja, au sud ouest de Grande Terre, Mayotte
Ce site présente la particularité de pouvoir être à la fois :
un site de ponte : une plage de sable
un site de nourrissage: un herbier marin recouvre le platier du lagon
Il est fréquenté essentiellement par 2 espèces de tortues marines :
tortue verte
(Chelonia mydas)
tortue imbriquée
(Eretmochelys imbricata)
Depuis une vingtaine d'années, un hôtel est discrètement construit en arrière plage.
Au fur et à mesure des années, les tortues marines se sont
habituées à la présence de l’homme dans l’eau. En effet, si tant est que l’on respecte un minimum de règles d’approches, il est très facile
d’observer ces grands reptiles marins d’ordinaires si craintifs.
Ceci confère au site un caractere exceptionnel et permet la
mise en place d’études scientifiques.
En tant que volontaire durant 6 mois
(septembre 2009 à février 2010), ma mission a consisté à récolter les diverses données nécessaires à l’étude (je n’ai pas participé à la mise en place des protocoles ou à
l’analyse des données) et également à encadrer et sensibiliser le public visiteur à la préservation des tortues marines et de leurs habitats (dans le cadre de la convention de
collaboration entre KELONIA et l’hôtel).
Suivis des populations
durant la phase d’alimentation :
Les tortues étaient observées une à plusieurs fois par jour, sous l’eau, en palme-masque-tuba, au niveau du platier et du tombant. Chaque observation durait environ 1h30.
Pour chaque individu rencontré portant une bague d'identification, était noté l’espece, le sexe, le lieu d’observation, son code de bague, d'éventuelles traces de blessures, des anomalies d’écaillures…
Des photos sous-marines des tortues sous differents angles (photo-identification) ont été realisées. Les profils d’écaillure de la tete et de la carapace étant des moyens d’identification plus sûr que le baguage actuel (voir photo ci-contre)
Les individus
étaient localisés géographiquement par mesure de leur position GPS, de la profondeur et de la température de l’eau.
Enfin, des comptages exhaustifs en utilisant la méthode des transects ont également été effectués, la proportion d’individus bagués étant identifiée
ainsi que celle des différentes classes de maturité sexuelle.
Suivis des populations en phase de reproduction :
Les femelles nidifiantes ont été recensées quotidiennement lors de patrouilles nocturnes.
Elles étaient identifiées de manière individuelle par relecture de leurs bagues d’identifications et leur carapace était mesurée.
Une ponte de Tortue verte durant environ 3 heures, il peut arriver que le travail se termine au petit matin (voir photo ci-contre).
Sur
ces plages, les femelles s’exposent à certains risques : braconnage, attaques de chiens sauvages. Ces patrouilles étaient aussi un moyen de faire « acte de
presence » pour dissuader d’éventuels braconniers et pour les protéger des chiens.
Malgrés les patrouilles, il pouvait arriver que certaines pontes échappent à ma surveillance. Chaque matin, un comptage des traces de montées était donc effectué ainsi qu’une appréciation du succès de ces montées (ponte réussie ou non) .
Cette appréciation se faisait par observation des traces laissées sur le sable (ci-contre, trace de descente).
Les nids étaient ensuite cartographiés puis
balisés ( ci-contre, pose de protection de nid en feuilles de cocotier tressées) pour qu’ils ne soient pas piétinés par les touristes.
Un calendrier des émergences était mis en place puis je déterminais les succès d’éclosions après étude des nids.
Ma mission consistait aussi à encadrer et sensibiliser les touristes désireux de voir une ponte pour que tout se déroule dans les meilleures conditions.
- que les femelles soient dérangées le moins possible (pas d'éclairage, pas de prise de photographies avec flash, pas de contact avec les tortues...)
- que les visiteurs puissent voir le plus de choses possibles (les observations étant nocturnes et sans lumières, il n'est pas toujours évident d'agir discrètement pour ne pas faire fuir d'éventuelles femelles venues pondre(patrouiller aux heures propices, repérer les femelles, s'en approcher sans être vu, observer la ponte sans les perturber...)
Etude de l’herbier marin :
Des relevés ponctuels de l’herbier marin (nourriture des tortues vertes) ont été effectués via la méthode des quadrats. Ceci en vue d’en étudier les caractéristiques biotiques ( biomasse fraiche, densité et hauteur) et abiotiques (substrat).
tri par espèce
des quadrats
prélevés
pesée des différentes parties des végétaux (ici parties aériennes)
Des relevés reguliers de la température de l’eau du lagon ont également été effectués par récuperation d’une sonde température.
Enfin, la maintenance d’un chenal piéton installé au milieu du lagon (pour minimiser le piétinement de l’herbier marin à marée basse) a été assurée : rachat de bouées, cordes et chaînes, replacement des corps morts si nécessaire.
Recensements des zones de repos :
![tortue-marine-verte[1]](http://img.over-blog.com/300x225/3/77/90/39/tortue-marine-verte-1-.jpg)
Lors de leurs phases de repos, les tortues se posent sur de grosses patates de corail au niveau du récif frangeant ou dans des failles du récif. Ces zones, encore appelées « dortoirs »,
ont été repérées puis géolocalisées par GPS.
Suivi et sensibilisation du
public :
J’étais disponible durant la journée
pour répondre aux nombreuses questions des plagistes et pour les encadrer dans l’eau si nécessaire (groupes scolaires par exemple). Je m’assurais également que le site ne soit pas dégradé et que
la tranquilité des tortues soit respectée.
Les clients de l’hôtel représentant la majorité des touristes, je les accueillais donc le premier soir pour les informer des différentes règles de conduite à suivre sur le site, notamment sur la manière d’approcher les tortues dans l’eau.
Je restais ensuite disponible tout le long de leur sejour pour répondre à leurs questions, les encadrer lors de l’observation des pontes…
Je faisais également une conférence par semaine avec :
- présentation des populations de tortues marines (leurs biologie, cycle de vie et différentes menaces)
- présentation de l’étude en cours et de ma mission
- sensibilisation aux risques de braconnage
- et récolte de fonds par le biais de
parrainages au nom de l’association locale Oulanga na Nyamba (Environnement et Tortues).
Enfin, je comptais les plagistes à l’aide
d’un compteur mécanique deux fois par jour (le matin et l’après-midi) dans le but d’étudier l’impact de leur presence sur les populations de
tortues.
APPORTS PROFESSIONNELS
Ce fut une expérience de terrain très enrichissante qui m’a permise de me découvrir des points forts et également de surpasser certains points faibles :
| Connaître les tortues marines |
(notamment la Tortue verte et
imbriquée): biologie, comportements, prédateurs, techniques d’approches, menaces anthropiques moyens pour étudier et préserver ces espèces |
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Matériels et Techniques |
GPS sonde température technique des quadrats : prélèvement et analyse méthode des transects photographies sous-marines (en apnée avec caisson étanche) lecture des calendriers de marées
maintenance d’un chenal (remplacement des bouées, |
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Travailler avec le public |
encadrement de groupes sensibilisation d'un public (parfois en anglais) mise en place de conférences |
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Travailler avec les partenaires locaux |
participation à des réunions de travail, à la mise en place de projet |
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Gérer les aléas du terrain |
seule et le plus rapidement possible (le côté « système D » fut ici souvent bien utile !) |
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Organiser mon temps de travail |
de jour comme de nuit, selon les activités à réaliser, le matériel disponible, la météo, les horaires de marées |
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Travailler dans l’eau |
par tous les temps |
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Travailler en milieu tropical |
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Plongée sous-marine |
validation du niveau 1 |